17.09.2006

Toernee General

PÉRIR À ANVERS

 

Debout contre la Cathédrale, on voit l'ange de pierre

peser l'âme des moribonds. Douze coups jaillissent.

Crissement d'une horde de poux. Les chats pissent

dans les couloirs tortueux privés de courants d'air.

 

Les Coqs de la souffrance, on les a étirés

de pied en cap sous une écorce de latence,

et leurs gosiers figés, leurs crânes pelés,

éveillent la puanteur sous leur tas de silence.

 

Des grains noirs du rosaire il n'en reste plus un,

pas plus que de la peau, du poil il ne reste un mystère ;

seul le vide dans le vide nous est entièrement commun.

 

La maison pleine de chambres et la ville d'artères ;

ah! laissez en paix les cloches. Comptez l'or, le vin buvez.

La saleté pourrit sous terre. Pour la carcasse ne priez.

 

Maurice Gilliams

 

Traduit du néerlandais par Saint-Rémy

 

L'Hiver à Anvers, suivi de Margheretha-Elizabeth, Georgina, L'Homme dans le brouillard, et de douze poèmes.

Anvers, Librairie des Arts, 1965.

De commentaren zijn gesloten.